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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 07:00
Le petit instituteur
trompe ses deux maîtresses

Aussi ténébreux que manipulateur, Marc-Aurèle n’hésite pas à se faire passer pour un médecin ou un intime de la reine d’Espagne lorsque ses intérêts le réclament. Mais le petit instituteur de Veyrignac (Périgord) va payer au prix fort son appétence pour le beau sexe.
 

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Marc-Aurèle trempe sa plume dans un encrier à l'effigie de l'Empereur (DR)


Extraits de Crimes et faits divers Périgord (Geste éditions), par Laurent Derne :

"Il porte un prénom d’empereur romain et un patronyme à faire pâmer toutes les courtisanes vénitiennes. Une tignasse d’un noir de jais, aussi profond que son regard de braise, un physique élancé tout juste accidenté par un profil aquilin, trahissent ses ascendances corses.

La gent féminine résiste rarement à Marc-Aurèle C. Lui-même confesse un gros faible pour le beau sexe. « Eh quoi ? Notre empereur à tous, le seul, le Grand, le Premier, n’a pu se contenter de la Beauharnais. Il lui a aussi fallu la Marie-Louise. Et toutes les autres… », plaisante-t-il à l’envi autour de figatelli partagés entre compatriotes expatriés.

 

Mais cette fois-ci, le petit instituteur de 50 ans, débarqué de son île natale à Veyrignac, en mars 1851, ne peut étouffer les sentiments ambigus qui l’assaillent. Et n’ignore rien des risques encourus [...]

Dans la fosse
aux lions

Recroquevillé sur un banc dans les coursives du palais de justice de Périgueux, Marc-Aurèle doit bien reconnaître que la fortune ressemble à ces moulins dordognots dont les roues crénelées s’animent aux caprices de l’eau vive. « Eh oui, le Corse ! La chance tourne toujours pour les coquins de ton espèce, raillent les dragons de l’escorte. Même l’Empereur ne peut rien pour toi ! ». L’accusé demeure coi. Il se contente de jeter sur eux un fugace regard las. Taciturne, il s’efforce de conserver son énergie pour affronter la cour, dont il est séparé par une maigre cloison.

Soudain, une sonnette retentit. En se courbant en deux, il franchit une petite porte. Lorsqu’il déplie son mètre quatre vingt, il se trouve dans la fosse aux lions. D’un coup d’œil rapide, il jauge la salle. Au premier rang, un regard noir le foudroie sur place. Françoise... Françoise. La femme qu’il a épousée à Veyrignac en janvier 1852. Celle qui lui vaut de comparaître aujourd’hui pour bigamie et faux en écriture. Angelina. Comment diable a-t-il pu croire au pardon d’une Corse délaissée ?"


Qu'est-il advenu de Marc-Aurèle devant les assises du Périgord ? A-t-il puisé dans ses talents de mythomane pour se tirer d'affaire ? Réponses dans mon second ouvrage. Dans toutes les bonnes librairies et sur le web...


Laurent Derne
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Published by Laurent Derne - dans Crimes anciens
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